Musiquer

Apprendre la musique pas à pas avec Matthew Ellul

Trop vieux pour apprendre le piano, la guitare ou la composition ?

19 minutes
Suis-je trop vieux pour apprendre la musique ?

Beaucoup d’entre nous découvrent la musique enfants, curieux de savoir ce que l’on ressent en jouant de la guitare, du piano, du violon ou d’un autre instrument. Et il ne nous a sans doute pas fallu longtemps pour essayer de composer quelque chose de nouveau, aussi. Mais si vous n’avez jamais découvert la musique dans votre enfance ? Vous pensez peut-être que vous avez laissé passer le moment d’apprendre la musique et que cette porte s’est refermée pour toujours. Heureusement, il s’avère que c’est faux !

Alors, êtes-vous trop vieux pour apprendre le piano, la guitare ou le violon ? Êtes-vous trop vieux pour apprendre à écrire une chanson et à composer de la musique ?

On n’est jamais trop vieux pour apprendre et créer de la musique. Vous pouvez apprendre le piano, la guitare, le violon, l’écriture de chansons ou la composition à tout âge. Les recherches montrent que le cerveau humain reste capable d’apprendre la musique et de retenir de nouvelles informations tout au long de la vie, quel que soit votre âge.

Vous pouvez apprendre presque tout, y compris la musique, à tout âge. Vous pouvez même apprendre à lire la musique, comme nous l’avons vu dans cet article : Tout le monde peut-il apprendre à lire la musique ? Dans l’article d’aujourd’hui, nous allons découvrir 10 grands musiciens qui sont venus à la musique tard (ou plutôt tard) et qui ont cartonné quand même ! Puis nous verrons comment la plasticité de votre cerveau peut vous aider à apprendre le piano, la guitare, l’écriture de chansons ou la composition, que vous soyez adolescent, quadragénaire ou peut-être retraité.

10 musiciens venus tard à la musique… et qui ont cartonné quand même

Voici la preuve qu’on n’est jamais trop vieux pour apprendre la musique. Nous n’avons que l’embarras du choix parmi les exemples de musiciens extraordinaires venus tard à la musique (et qui ont cartonné !).

Aram Khatchatourian (1903 – 1978)

Aram Khatchatourian
Aram Khatchatourian (Photo : Harry Pot / Anefo)

La vie de compositeur soviéto-arménien d’Aram Khatchatourian a commencé à 18 ans. À cet âge, il s’est inscrit dans une école de musique (sans aucune formation musicale préalable) tout en étudiant la biologie en parallèle.

Son parcours musical a décollé avec l’étude du violoncelle, et il a commencé les cours de composition seulement 3 ans plus tard. Aujourd’hui, Khatchatourian est reconnu comme l’un des principaux compositeurs soviétiques, et on lui doit d’avoir fait connaître la musique traditionnelle arménienne au monde entier.

Voici sa « Première Symphonie », qui fut aussi son premier succès en tant que compositeur. Khatchatourian l’a composée en 1935 comme travail de fin d’études, à l’âge de 32 ans.

Iannis Xenakis (1922 – 2001)

Iannis Xenakis en 1970
Xenakis en 1970 (Photo : The Friends of Xenakis)

Xenakis a brièvement étudié la musique quand il était petit, mais sa vie en Grèce a été bouleversée par le début de la guerre en 1940. Après avoir obtenu un diplôme d’ingénieur en génie civil, il a dû fuir à Paris.

Là, il a cherché à se faire guider par plusieurs professeurs célèbres, comme Nadia Boulanger, Arthur Honegger et Darius Milhaud, mais ils n’ont pas vu grand-chose en lui. C’est le grand compositeur Olivier Messiaen qui a encouragé Xenakis, alors âgé de 30 ans, à puiser dans son propre parcours et ses expériences (celles d’un Grec, d’un architecte et d’un mathématicien) pour les appliquer à la musique.

Aujourd’hui, on se souvient de Xenakis comme d’un innovateur majeur de la musique classique du XXe siècle. Écoutez ici l’intense Metastaseis pour orchestre. Il a aussi écrit un ouvrage théorique intitulé Musiques formelles (publié en anglais sous le titre Formalized Music: Thoughts and Mathematics in Composition). Il est cher, mais passionnant si vous vous intéressez à la façon dont les mathématiques et la musique se combinent.

Emmanuel Chabrier (1841 – 1894)

Voici une autre carrière de compositeur intéressante à découvrir. Le compositeur français Chabrier a bien pris des cours de musique dès l’âge de 6 ans, mais il ne s’est consacré à la composition à plein temps qu’à 39 ans. Jusque-là, il avait suivi les traces (et les encouragements) de son père en étudiant le droit.

Chabrier a travaillé comme fonctionnaire au ministère de l’Intérieur pendant 19 ans, tout en cultivant son amour de la musique et de la composition pendant son temps libre. C’est après avoir assisté à une représentation de Tristan und Isolde de Wagner qu’il a décidé de quitter son emploi pour se consacrer entièrement à la musique. À ce moment-là, sa longue carrière musicale à temps partiel prenait de toute façon de l’ampleur !

Écoutez ici l’une de ses œuvres les plus durables, une rhapsodie pour orchestre intitulée España, écrite en 1883 (à 42 ans) après un voyage en Espagne.

Chabrier est la preuve qu’il n’est jamais trop tard pour changer de cap !

Tom Morello (1964 – )

Tom Morello a rejoint son premier groupe à 13 ans, mais seulement comme chanteur. Il s’est mis sérieusement à la guitare à 18 ans. Aujourd’hui, il est connu comme le guitariste de Rage Against the Machine et d’Audioslave.

Joe Satriani (1956 – )

Considéré comme l’un des meilleurs guitaristes de tous les temps, Satriani aurait décidé de jouer de la guitare à 14 ans, en apprenant la mort de Jimi Hendrix. Comme certains de nos autres exemples, il a commencé à prendre la musique au sérieux à 18 ans. Le voici en train de jouer l’un de mes morceaux préférés (et l’un des plus créatifs) devant une foule de fans conquis !

Alexandre Borodine (1833 – 1887)

Aujourd’hui, Borodine est connu comme membre du « Groupe des Cinq » (aussi appelé « la Puissante Poignée »), un groupe de compositeurs nationalistes russes qui voulaient écrire une musique plus russe et moins occidentale. Sa première composition connue, en grande partie perdue, date de 1850, quand il avait 17 ans. Mais malgré son intérêt pour la musique, il a choisi de faire carrière dans la chimie et a gardé la musique pour son temps libre.

Son travail de chimiste a été couronné de succès et très respecté. Il a même été nommé professeur à 29 ans. Borodine a continué à faire de la musique pendant son temps libre tout au long de sa carrière scientifique. Le tournant est arrivé en 1862 quand, à 29 ans, il a rencontré le grand compositeur russe Balakirev.

Balakirev a donné des cours de composition à Borodine, qui, sous sa direction, a commencé à travailler sur sa Première Symphonie, créée 6 ans plus tard. Sans jamais se consacrer à la musique à plein temps, Borodine a continué à composer en tant que membre du Groupe des Cinq. On le connaît aujourd’hui pour son opéra Le Prince Igor, ses 2 symphonies et ses quatuors à cordes. Écoutez ici son célèbre poème symphonique Dans les steppes de l’Asie centrale, composé en 1880.

Hector Berlioz (1803 – 1869)

Même si la musique n’a tenu qu’une toute petite place dans son éducation d’enfant, Berlioz adorait la musique et en a appris les bases à la guitare et à la flûte. Il s’est essayé à la composition pour la première fois à 12 ans, quand il est tombé amoureux de sa voisine de 18 ans. À cette époque, Berlioz a tenté d’apprendre l’harmonie dans les livres.

Hector Berlioz
Hector Berlioz (Portrait par Josef Kriehuber – Bibliothèque nationale de France)

Pour obéir à la volonté de son père, Berlioz s’est inscrit à la faculté de médecine de l’université de Paris à 18 ans. Il n’aimait pas particulièrement la discipline, mais son installation à Paris a été décisive. Là, il pouvait aller à l’opéra écouter de la musique. C’est en entendant pour la deuxième fois Iphigénie en Tauride de Gluck qu’il a décidé de se lancer dans la composition.

Berlioz a obtenu son diplôme, mais a abandonné la médecine, au grand dam de son père (qui lui a suggéré de faire du droit à la place). En 1826, à 23 ans, il a été admis au Conservatoire, où il a enfin pu étudier la composition à plein temps.

Albert Roussel (1869 – 1937)

Roussel est un autre compositeur français qui a changé de cap et s’est mis à la musique sur le tard. En fait, il n’a commencé à étudier l’harmonie qu’en 1894 (à 25 ans). Jusque-là, il s’intéressait davantage aux mathématiques et servait dans la Marine nationale.

Allan Holdsworth (1946 – 2017)

Allan Holdsworth était compositeur et guitariste dans toutes sortes de styles. À en juger par sa fantastique carrière de 4 décennies, on pourrait croire qu’il jouait depuis sa naissance ! Mais en réalité, Holdsworth a eu sa première guitare à 17 ans et a reçu ses premières leçons de musique de son grand-père : un début qui n’avait vraiment rien d’exceptionnel !

Bill Withers (1938 – 2020)

Bill Withers est l’auteur de quelques-unes des chansons les plus aimées de tous les temps, comme Lean on Me, Ain’t No Sunshine et Lovely Day. Il s’est installé à Los Angeles pour faire carrière dans la musique à 29 ans, après 9 ans de service dans la marine américaine. Et même alors, il n’a fait de la musique qu’à temps partiel pendant un moment.

Pourquoi il n’est jamais trop tard pour apprendre la musique

Il est facile de se laisser obnubiler par l’idée qu’on s’y prend trop tard, qu’on aurait dû commencer la musique à 4 ans. Nous ne sommes pas tous obligés d’être comme Mozart, dont le père (lui-même compositeur célèbre) s’est entièrement consacré à l’éducation musicale de son fils dès le départ. Ce n’est pas parce que nous n’avons pas commencé à jouer et à écrire de la musique avant même de savoir nous habiller seuls qu’il est trop tard.

À la lecture de ces biographies, on dirait que la vie est rarement aussi linéaire : on passe plutôt par des détours et des rebondissements, on change de centres d’intérêt et on essaie de nouvelles choses. La vie de chacun est une histoire unique. Le seul point commun entre toutes, c’est l’amour de la musique. Tant que vous l’avez, il n’est pas trop tard.

Qu’est-ce que la plasticité cérébrale et quel est son effet sur l’apprentissage de la musique ?

Comme il s’agit d’un site de musique, nous n’allons pas trop nous perdre dans les méandres infiniment fascinants des neurosciences, mais pour bien comprendre comment et pourquoi vous pouvez apprendre la musique à tout âge, il est important de comprendre comment fonctionne le cerveau.

Pour le dire le plus simplement possible, la neuroplasticité est la capacité du cerveau à changer tout au long de la vie. Pour cela, il renforce ou affaiblit les connexions entre les neurones (les cellules du cerveau) à mesure que l’on apprend ou que l’on oublie des choses. Chaque fois que vous répétez un geste familier, les connexions entre les neurones qui y participent se renforcent. Et les connexions liées aux gestes que vous cessez de faire s’affaiblissent lentement avec le temps, jusqu’à ce que la compétence soit oubliée.

« Ce qu’on n’utilise pas, on le perd ! »

Un vieil adage que les neurosciences appuient, et qui vaut aussi pour la musique.

C’est pour cela que beaucoup de quadragénaires et de quinquagénaires ont perdu l’aisance de l’écriture cursive : aujourd’hui, tout se tape au clavier ou sur un téléphone. Cette compétence n’est plus utilisée comme avant, alors les circuits se dégradent. Ceux qui écrivent encore en cursive tous les jours conservent cette capacité, tandis que ceux qui ont arrêté d’écrire à la main deviennent plus lents ou moins soigneux. En somme, la recherche donne raison au vieil adage : « Ce qu’on n’utilise pas, on le perd. »

Les scientifiques savent que la neuroplasticité existe grâce aux nombreuses études menées au fil des décennies sur tous les aspects du développement du cerveau. Ils ont identifié certaines périodes de la vie où la plasticité cérébrale est la plus marquée.

L’enfance

Nous savons tous que les bébés naissent prêts à apprendre ! Leur cerveau est fait pour recevoir de nouvelles informations et à créer de nouvelles connexions. Cette plasticité cérébrale innée dure toute l’enfance, et c’est pour cela que la plupart des enfants apprennent la musique si facilement. Ils sont nés pour apprendre !

L’apprentissage à l’âge adulte

La situation suivante qui favorise la plasticité cérébrale, c’est quand n’importe qui, à n’importe quel âge, apprend quelque chose de nouveau. Il peut s’agir d’une compétence, de nouveaux mots, de nouvelles langues, de n’importe quoi. Plus on pratique la nouvelle compétence, plus il y a de neurones connectés pour elle. Ces connexions deviennent plus fortes et plus rapides, ce qui rend cette nouvelle information plus facile d’accès. C’est ce type de plasticité que la plupart des adultes peuvent mettre à profit pour apprendre la musique, quel que soit leur âge.

D’ailleurs, des études suggèrent aussi que les personnes âgées qui font travailler leur cerveau en apprenant quelque chose de nouveau ou en résolvant des casse-têtes gardent l’esprit plus vif que les autres ! Certes, la plasticité cérébrale diminue avec l’âge, MAIS elle est toujours là.

Les traumatismes crâniens

La plasticité cérébrale se manifeste aussi après une lésion : le cerveau peut se réorganiser et créer de nouvelles connexions pour récupérer des compétences perdues. La musique est d’ailleurs utilisée en rééducation chez les personnes victimes de traumatismes crâniens, comme l’explique cet article (en anglais).

Utiliser la plasticité cérébrale pour apprendre le piano, la guitare et l’écriture de chansons à l’âge adulte

C’est là que tout ce que vous venez d’apprendre sur la neuroplasticité va vous être utile. Les recherches l’indiquent : on n’est jamais trop vieux pour apprendre le piano, la guitare, l’écriture de chansons ou la composition. Dans cet article (en anglais), des scientifiques se sont penchés spécifiquement sur des musiciens et des non-musiciens. Ils ont découvert que les musiciens professionnels et ceux qui pratiquaient au moins une heure par jour avaient un volume de matière grise (la substance du cortex cérébral) plus important que les personnes qui ne jouaient pas du tout. Ceux qui débutaient la musique ou qui pratiquaient moins souvent se situaient entre les deux.

Alors oui, vous pouvez apprendre la composition et la pratique d’un instrument à tout âge. Cela demande de la pratique et de l’engagement, mais c’est exactement ce pour quoi votre cerveau est conçu. Votre âge n’a aucune incidence sur votre réussite en tant que musicien ou auteur-compositeur, alors oubliez vos craintes d’avoir raté cette fenêtre magique.

« Ceux qui pratiquent au moins une heure par jour ont un volume de matière grise plus important. »

~ Sharp Brains

Pour apprendre à écrire des chansons à un âge plus avancé, il suffit de vous y consacrer. C’est une nouvelle compétence, comme n’importe quelle autre. Rappelez-vous : vous avez dû apprendre à marcher, à parler et à vous brosser les dents. Vous avez dû apprendre à faire des calculs compliqués et à écrire lisiblement. Vous avez aussi dû apprendre à faire votre métier. Vous n’êtes né avec aucune de ces connaissances, et pourtant vous les avez toutes apprises. La musique, c’est pareil.

Trouvez un professeur

Pour exploiter la plasticité cérébrale à l’âge adulte et apprendre à composer de la musique ou à jouer d’un instrument, il vous faudra trouver un professeur, un guide, des livres ou un site web. Trouvez quelque chose ou quelqu’un qui vous convient. En misant sur vos points forts établis (lire plutôt que regarder des vidéos, par exemple), vous tirerez parti des circuits qui existent déjà dans votre cerveau.

Un bon professeur vous aidera à bien démarrer, dès le départ !

Trouver le bon professeur, le bon mentor ou le bon site vous aidera à diriger votre énergie dans la bonne direction. Pour ceux qui apprennent plus tard, c’est un élément essentiel pour tirer le meilleur parti de la neuroplasticité. Ces professionnels et ces sites spécialisés connaissent toutes les astuces pour vous mettre sur la voie de vos nouvelles compétences musicales. Vous savez à quel point il est difficile de se débarrasser d’une mauvaise habitude. Un bon professeur vous aidera à bien démarrer, dès le départ !

Pratiquez

Trouver un professeur, un guide, un mentor ou un site pour vous aider à apprendre à écrire des chansons à l’âge adulte n’est que la première étape. Vous devez prendre vos leçons au sérieux et les mettre réellement en pratique.

Vous vous souvenez que j’ai expliqué plus haut que plus on fait quelque chose, plus les circuits du cerveau se renforcent ? Ajoutez à cela ce que montrait l’article dont j’ai mis le lien : le cerveau des musiciens avait plus de volume quand ils pratiquaient davantage. C’est ce que vous visez.

Votre cerveau doit créer et renforcer de nouvelles connexions entre les neurones pendant que vous apprenez à jouer du piano, de la guitare ou de tout autre instrument. Plus vous pratiquez, plus vous utilisez ces nouvelles compétences, plus elles deviennent solides. Et si vous sautez régulièrement vos séances de pratique ? Eh bien, vous commencerez à perdre ce volume de matière grise et à oublier vos nouvelles compétences. Ne laissez pas cela arriver.

Tirez parti de votre cerveau d’adulte

Un avantage que les adultes ont sur les enfants quand il s’agit d’apprendre quoi que ce soit en musique, c’est qu’ils ont une expérience et des connaissances que les enfants n’ont tout simplement pas. Cela signifie que les adultes ont une compréhension innée et plus profonde de la musique dans son ensemble.

Les enfants apprennent parce que leurs parents le veulent ou parce que cela les intéresse peut-être. Ils font ce qu’on leur dit et absorbent les compétences, mais en général ils ne comprennent pas les racines de la musique, la théorie qui se cache derrière.

Un adulte, en revanche, apprend à composer de la musique parce qu’il le veut et parce qu’il comprend la musique à un niveau plus profond et plus personnel. Les adultes peuvent comprendre la théorie musicale et les aspects plus complexes de la composition mieux que les enfants. Puisez dans votre maturité, votre expérience et votre compréhension du monde pour créer une musique formidable.

Choisissez un style de musique et commencez par celui-là

L’une des meilleures façons d’utiliser la plasticité cérébrale pour apprendre la musique à l’âge adulte est de vous servir des circuits qui existent déjà. Pour cela, concentrez-vous sur l’apprentissage de la musique que vous aimez vraiment écouter. Ces circuits sont déjà là : vous ne ferez que créer de nouvelles ramifications à partir d’eux. Votre cerveau reconnaîtra cette musique comme quelque chose que vous aimez, si bien qu’apprendre à écrire des chansons ou à jouer d’un instrument à l’âge adulte sera beaucoup plus facile et beaucoup plus détendu. Considérez cela comme une astuce pour votre cerveau.

Éliminez les distractions

Voilà un domaine où les enfants ont la vie plus facile que les adultes. On leur dit souvent quoi faire et quand. Les distractions sont naturellement écartées de leur environnement d’apprentissage, et on leur donne l’espace et le temps de se concentrer pour apprendre à jouer de leur instrument. Les adultes ont rarement ce luxe, alors vous devrez vous le créer vous-même.

Éliminez les distractions de votre espace de travail et de votre temps de pratique. Éteignez votre téléphone et vos appareils mobiles, éteignez votre ordinateur. Vous voudrez peut-être même retirer votre montre si regarder l’heure vous distrait. Fermez les portes et les fenêtres, et demandez aux personnes avec qui vous vivez de vous laisser tranquille. Votre objectif devrait être de vous réserver une heure par jour, mais si vous pouvez en trouver davantage, tant mieux !

Est-il plus difficile d’apprendre à composer de la musique à l’âge adulte ?

Ce n’est pas parce que j’ai dit qu’il est possible d’acquérir des compétences musicales à l’âge adulte que ce sera facile. C’est plus facile d’apprendre tout cela enfant, parce que le cerveau est comme une éponge. Mais comme je l’ai montré, les recherches indiquent que même les seniors ou les personnes ayant subi des lésions cérébrales peuvent acquérir de nouvelles compétences. On n’est jamais trop vieux !

Bien sûr, apprendre la musique n’est pas aussi facile que des tâches plus simples. Vous allez entraîner votre cerveau à utiliser vos muscles d’une manière inédite pour vous. C’est difficile ! Vous allez apprendre à votre cerveau à penser à des choses auxquelles vous n’avez peut-être jamais pensé : la hauteur des sons, le tempo, la lecture de la musique. Ce sont autant de choses que vous allez soudain demander à votre esprit et à votre corps de faire, et souvent toutes en même temps.

Soyez patient et laissez à votre esprit et à votre corps le temps de s’adapter à ces nouvelles compétences et à ces nouvelles exigences. Cela viendra, mais vous devez être patient et persévérant.

Certains adultes se freinent par peur. Oui, apprendre une nouvelle compétence fait peur. Les adultes portent toute une vie d’inquiétudes, d’échecs et d’erreurs. Mais aussi de réussites ! En tant qu’adultes, nous oublions souvent de nous concentrer sur le positif dans notre vie et sur tout ce que nous savons faire. Quand il s’agit d’apprendre le piano, la guitare, l’écriture de chansons ou la composition à l’âge adulte, vous devez rester concentré sur le positif. Vous en êtes capable, même si vous avez peur d’échouer. Vous ferez des erreurs, et ce n’est pas grave. Cela fait partie du processus. Tirez les leçons de vos erreurs et réessayez.

Une façon simple de commencer est de jeter un œil à cet article. Il vous montrera, de façon très concrète, comment vous pouvez commencer à apprendre en quelques minutes : Tout le monde peut-il apprendre à lire la musique (ou est-ce trop difficile) ?

Conclusion

Si vous êtes adulte et que vous avez toujours voulu apprendre à jouer du piano, de la guitare ou de n’importe quel autre instrument, vous le pouvez ! Si vous êtes adulte et que vous avez toujours voulu écrire des chansons ou composer de la musique, vous le pouvez ! Les recherches montrent que le cerveau humain reste capable de changer et de s’adapter, même à l’âge adulte. Cela demande du temps, des efforts, de la patience et de la pratique, mais il n’est jamais trop tard pour apprendre à faire de la musique.

Regardez cette formidable conférence TED. Elle confirme vraiment tout ce que nous avons dit aujourd’hui.

« Saviez-vous que chaque fois qu’un musicien prend son instrument, des feux d’artifice éclatent partout dans son cerveau ? »